C'est la confusion la plus fréquente autour de l'argan, et elle coûte cher : on achète un flacon pour la cuisine, on l'ouvre, et on découvre une huile fade. Ou l'inverse — une huile au parfum de noisette grillée dont on tente de se badigeonner le visage.
Les deux huiles viennent du même arbre et du même amandon. Une seule étape les sépare, et elle change tout.
La torréfaction, seule vraie différence
Pour l'huile alimentaire, les amandons sont torréfiés avant d'être pressés. C'est cette cuisson qui développe le goût de noisette grillée, la couleur ambrée soutenue et le parfum caractéristique.
Pour l'huile cosmétique, les amandons sont pressés crus. Le résultat est une huile plus claire, quasi inodore, au goût plat.
Tout le reste — l'espèce, la région, la méthode de pressage à froid — est identique. On ne « transforme » pas l'une en l'autre : la décision se prend avant le pressage.
Comment les distinguer au premier coup d'œil
- La couleur. L'alimentaire est ambrée, franchement dorée. La cosmétique est jaune pâle, presque translucide.
- L'odeur. L'alimentaire sent la noisette grillée dès l'ouverture. La cosmétique n'a presque pas d'odeur — une note discrète, parfois légèrement animale.
- L'étiquette. Une huile alimentaire porte une DLUO, des valeurs nutritionnelles et la mention d'un usage culinaire. Une cosmétique porte un numéro de lot, une PAO (le pictogramme du pot ouvert) et une liste INCI.
- Le rayon. Épicerie fine d'un côté, parapharmacie ou beauté de l'autre.
Peut-on utiliser l'une à la place de l'autre ?
De l'alimentaire sur la peau
Ce n'est pas dangereux, mais c'est désagréable : l'odeur de grillé est tenace et peu de gens la supportent sur le visage ou les cheveux. La torréfaction modifie par ailleurs une partie des composés recherchés en cosmétique.
De la cosmétique dans l'assiette
Là, il faut être net : une huile cosmétique n'est pas destinée à être ingérée. Elle n'est ni produite, ni conditionnée, ni contrôlée selon les règles applicables aux denrées alimentaires. Le fait que la matière première soit comestible ne rend pas le produit fini alimentaire.
Et même en écartant la question réglementaire, le résultat gustatif serait décevant : sans torréfaction, il ne reste presque rien de ce qui fait l'intérêt de l'argan en cuisine.
Laquelle acheter ?
La réponse tient à l'usage prévu, sans compromis possible :
- Pour cuisiner — salades, tajines, poissons, amlou : huile d'argan alimentaire, issue d'amandons torréfiés.
- Pour la peau ou les cheveux : huile d'argan cosmétique, issue d'amandons crus.
- Pour les deux : deux flacons. Il n'existe pas de produit qui fasse bien les deux.
Trésors d'Atlas ne propose que de l'huile alimentaire — c'est un choix assumé, celui de faire une seule chose correctement.
Reste à s'assurer que le flacon contient bien ce qu'il annonce : les signes d'une huile authentique, et ce qu'elle contient réellement.
